Le Directeur de DM Consulting face à la presse

 

Pouvez vous vous présentez à nos lecteurs  et nous faire un bref aperçu sur votre parcours

 Je suis Maxime Dossa, consultant financier directeur du cabinet DM Consulting.

Avant d’aller poursuivre mes études en France il y a de cela presque 20 ans, j’ai eu un BAC C et j’ai étudié la gestion commerciale à l’ENAM qui s’appelait à l’époque INE, Institut National d’Economie.

Après cette formation, j’ai intégré la direction commerciale de Fludor Bénin comme un des responsables de produit.

J’ai dû démissionné 3 ans après pour aller poursuivre mes études en France.

Là bas j’ai validé un premier Master en Economie d’entreprise et gestion de projet à l’Université Sorbonne Paris Nord.

J’ai ensuite intégré le groupe Allianz à la direction des opérations, puis parallèlement nous avons avec quelques amis créé une entreprise dans l’ingénierie financière.

De là j’ai poursuivi comme consultant dans l’accompagnement des entreprises en France et en Afrique.

J’ai eu l’opportunité en 2011 d’intervenir sur une mission en finance islamique.

Afin de compter parmi les experts du secteur, j’ai jugé bon de suivre une formation diplomante dans le domaine, ce qui m’a permis de décrocher un deuxième Master en Finance islamique à l’Université Paris Dauphine en 2013 .

Comme j’ai toujours caressé le rêve d’être banquier, j’ai pu intégrer la banque SOCIETE GENERALE en France en tant que cadre dans la conformité bancaire tout en poursuivant mes consultations dans le cadre du cabinet DM Consulting que j’ai créé en France depuis 2009 puis au Bénin depuis 2014.

J’ai par la suite démissionné de ma mission à la SOCIETE GENERALE pour me consacrer depuis décembre 2019 au développement des activités de mon cabinet DM Consulting.

Et pour l’instant tout se passe bien.

Qu’est ce que le cabinet DM Consulting,

 Je voulais souligner que le cabinet DM Consulting est un cabinet béninois, enregistré au Bénin, à jour de ses obligations fiscales au Bénin depuis 2014.

Nous intervenons dans l’accompagnement des projets financiers que ce soit en microfinance, en levée de fonds, en crowdfunding, finance agricole et depuis quelques années en finance islamique.

Et c’est une fierté pour moi d’amener ce cabinet conquérir sur les places internationales avec des multinationales dans le métier du Conseil financier.

Nous sommes un petit cabinet mais nous savons nous entourer des meilleurs spécialistes dans notre domaine et avoir l’appui des partenaires étrangers.

Parlez nous un peu de la finance islamique

Il s’agit simplement de mécanismes de financements qui empruntent d’autres méthodes que la finance conventionnelle.

Le déterminant de la finance conventionnelle c’est le taux d’intérêt .En finance islamique, on substitue la pratique de l’intérêt qui peut être ruineuse à d’autres types de contrats participatifs ou commerciaux.

C’est de la finance ancrée dans l’économie réelle. L’interdiction de l’intérêt ne veut pas dire un prêt à taux zéro. Non, En finance islamique, le banquier est un véritable homme d’affaires qui peut investir dans le business de son client et vis versa l’institution peut collecter des dépôts de ses clients et les investir pour le compte de ce dernier qui du reste est un partenaire d’affaires.

De nos jours toutes les classes d’actifs sont concernées par la finance islamique ; que ce soient les banques, la microfinance, les assurances, les fonds d’investissements, les actions, les obligations…etc

Je voudrais aussi souligner que lorsqu’on parle de finance islamique d’aucun pensent que c’est réservé aux seuls musulmans. Là aussi, je m’inscris en faux.

C’est vrai que parce qu’il y a le mot Islam on se réfère tout de suite aux musulmans. Mais rassurez vous la finance islamique c’est un nouveau paradygme dans le financement qui ne s’adresse pas qu’aux seuls musulamns. Mieux, moi qui ne suis pas musulman, je suis recruté par la Banque Islamique de Dévloeppement pour conduire des missions comme maintenant en Côte d’Ivoire, aux Comores et dans le passé j’ai fait des missions au Bahrein, à Abu dhabi, au Soudan où le système financier fonctionne à 100% sur les principes de la finance islamique, en Malaisie …

Donc partout où je suis passé, ma confession non musulmane n’a jamais été un frein tant dans nos discussions, que dans l’expertise que j’apporte.

Il s’agit vraiment de la finance, mais de la finance faite autrement sur des principes éthiques, tirés bien sûr de la religion.

Il est aussi bon de noter que toutes les religions ont une méfiance vis à vis de la pratique du taux d’intérêt.

 Vous revenez de France via la Côte d’Ivoire où vous conduisez un vaste programme de finance islamique pour le compte de l’Etat ivoirien. Pouvez vous nous en parler brièvement.

Tout à fait ! Le gouvernement ivoirien a bénéficié de la part de la BisD ( Banque Islamique de Développement ) d’un financement important pour mettre en œuvre un programme de microfinance islamique destiné à un réseau de 12 SYSTÈMES FINANCIERS DÉCENTRALISÉS.

Notre cabinet DM Consulting avec l’appui de certains partenaires est adjudicataire de ce marché à la suite d’une longue et exigeante compétition qui nous a mis aux prises avec de grands cabinets mondiaux.

Notre mission a démarré depuis le mois de janvier 2020 et se poursuit. C’est un vaste programme national sur 5 ans qui inclut des études de marché , des études de chaînes de valeur dans l’agriculture, l’élevage et la pêche, la mise en place des outils de gestion, de suivi-évaluation, de planification, des instruments et produits financiers islamiques , le déploiement d’un Système d’Information et de Gestion (SIG), sans oublier le renforcement des capacités,, la comptabilité des produits de la finance islamique et la mise en place d’incubateurs.

En temps que directeur de l’équipe projet, et directeur du cabinet DM Consulting, je coordonne une équipe de 7 experts séniors chacun spécialisé dans un domaine bien précis.

 D’autres pays bénéficient t-il d’un tel projet.

 Oui la BisD a fait du développement de la finance islamique sont leitmotiv et plusieurs pays en Afrique bénéficient des programmes de financement de la BIsD dans les secteurs de la microfinance, de la banque, de l’assurance islamique..

D’ailleurs en plus de la Côte d’Ivoire nous venons aussi de remporter un appel d’offre international pour accompagner la république des Comores dans la mise en place d’un cadre réglementaire propice au développement de la finance islamique.

Ici nous sommes sur une mission courte de quelques mois. Nous sommes également en concurrence sur d’autres appels d’offres au Mali, au Niger, au Cameroun…

Et le Bénin ?

 Oui, le Bénin je peux dire fait office de pionnier dans ce genre de financement.

Par le passé, le FNM ( Fonds National de la Microfinance ) avait bénéficié avant 2016 d’un programme de financement de la BIsD qui a été reconduit d’ailleurs en 2016 mais depuis quelques années ce programme est à l’arrêt.

J’étais aussi intervenu comme consultant formateur sur ce programme du FNM.

Le gouvernement a voulu mettre un certain nombre de programme à l’arrêt afin de voir plus clair mais il y a aussi des procédures du bailleur qu’il faut respecter.

Vous qui êtes en mission en Côte d’Ivoire, comment comparez vous les économies des deux pays ?

 De ce que j’ai pu voir en Côte d’Ivoire, l’économie est forte et dynamique. Cela se voit au niveau macroéconomique avec des taux de croissance soutenus de plus de 7% depuis plusieurs années mais aussi au niveau microéconomique où l’on sent ce dynamisme dans la consommation des ménages, dans la construction immobilière, dans les dépenses de loisirs. C’est un peu différent chez nous au Bénin.

De part mon expérience en Côte D’voire, j’ai vu qu’il y a une classe moyenne importante qui consomme au même titre que la moyenne des gens dans les pays développés. Ils fréquentent régulièrement les centres commerciaux et les grandes surfaces qui existent en très grand nombre. L’économie ivoirienne attire de nombreuses entreprises étrangères d’où le secteur immobilier qui est une bulle qui gonfle sans fin pour l’instant.

En côte d’ivoire les gens dépensent car rassurés du lendemain. Et on voit bien que tout ceci est tiré par un développement de l’agriculture tiré par des filières agricoles bien structurées.

Au Bénin , nous n’en sommes pas encore là. J’ai l’impression que ça thésaurise beaucoup ou que les gens remettent à demain leurs dépenses. C’est signe d’inquiétudes sur le lendemain. Les gens ont peur de perdre leur emploi, on se contente de peu ou pas consommer et cela a un impact sur l’économie : moins de consommation des ménages ne permet pas la production ; moins les entreprises produisent moins elles peuvent recruter et distribuer des salaires. Donc, c’est un cercle vicieux dans lequel on se trouve et cela ne nous permet pas de nous développer.

Quelles seraient vos propositions pour un dynamisme de notre économie ?

Il faut libérer la croissance en pensant intégration régionale. Aucun pays ne peut vivre en autarcie. Comment les petites et moyennes entreprises, les « startup » que je vois se démener comme de beaux diables peuvent ils réussir dans un petit marché de 11 millions de personnes dont très peu consomment réellement ? Non, il faut que les entrepreneurs béninois voient le monde comme un vaste marché à conquérir, en commençant par nos voisins. Et puis, il nous faut vraiment encourager la consommation locale. Cela ne doit plus être un slogan mais une réalité à tous les niveaux.

Les décideurs politiques devraient à chaque fois se poser la question de savoir comment faire pour que le béninois consomme ce qui est produit par les béninois et ce dans l’agriculture, l’alimentation, l’habillement, l’aménagement des bureaux administratifs, lors de banquets officiels.. car à chaque fois que nous consommons ce qui vient d’ailleurs, nous créeons plus d’emplois chez les autres et nous privons d’emploi ces jeunes gens, ces jeunes femmes au chômage qui n’attendent qu’à être employés ou à créer de la valeur. Tant que les pouvoirs publics ne feront pas le lien entre la consommation du béninois et la réduction du chômage nous attendrons longtemps le développement.

Les défis des décennies à venir sont capitaux : la population mondiale va doubler dans les 50 prochaines années et c’est autant de personnes à nourrir, à loger, à vêtir, à soigner , à instruire, des routes à créer, des entreprises de services ….Il faut penser cela dès maintenant sinon nous ne pouvons à l’avenir contenir les vagues de mécontents..

Il y a d’autres défis également auxquels nous feront face dans les années à venir et il faut en tenir compte dans nos politiques publiques ; c’est le réchauffement climatique, c’est le terrorisme,…

Il y a beaucoup à faire dans nos pays africains et nous ne pourrons réussir qu’en intégrant nos économies dans des ensembles régionaux qui fonctionnent, qui facilitent la circulation des personnes, des biens et des capitaux.

Votre mot de la fin

 J’aimerais malgré tout encourager les jeunes et leur dire de garder espoir. La solution ne se trouve pas uniquement dans l’immigration. Il faut se battre et faire pression sur les gouvernants afin d’avoir sa part de la prospérité. Bientôt la campagne présidentielle va démarrer. Il faut que les jeunes soient plus exigeants désormais pour que les partis, les gouvernants pensent à eux , la relève. Et cela ne viendra que par la lutte et la mobilisation, par le travail et la réussite. Tout ceci ne saurait se réaliser sans la paix, gage de développement

Que Dieu bénisse le Bénin

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